Perturbateurs endocriniens : vous ne verrez plus votre maison de la même façon

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vous ne verrez plus votre maison de la même façon

Dans Perturbateurs endocriniens, la menace invisible, François Veillerette et Marine Jobert tirent la sonnette d’alarme : nous vivons un empoisonnement généralisé. En cause, ces infimes produits toxiques, omniprésents dans notre environnement.

« Nous baignons dans une soupe chimique généralisée qui nous détraque », explique Marine Jobert. La journaliste vient de publier avec François Veillerette, porte-parole de l’association Générations futures, un livre noir, une sorte de polar où le crime semble parfait, les coupables restant dissimulés. Sauf qu’il ne s’agit pas d’une fiction. Le titre : Perturbateurs endocriniens, la menace invisible.

120 pages qui perturbent le lecteur. « Nous avons voulu écrire ce que la science nous hurle depuis vingt-cinq ans », précise la journaliste. « Ces substances chimiques sont dangereuses, le monde dans lequel nous vivons est contaminé de manière lourde et durable. » Bisphénol, parabènes, biocides, retardateurs de flamme… Tous les jours, nous utilisons des produits chargés de substances toxiques, soupçonnées de favoriser cancers, diabète, et autres maladies de la reproduction.

« Ils se trouvent dans l’air que nous respirons, les aliments que nous mangeons, l’eau que nous buvons, dans les habits et les cosmétiques que nous utilisons chaque jour. » Et pourtant, peu d’entre nous ont conscience de leur contamination.

Tourmente chimique

Pour Marine Jobert, le déclic est arrivé lors de sa grossesse. Soucieuse de protéger son enfant à naître, elle a lu des ouvrages sur les produits chimiques… et ce fût la stupéfaction. Elle a découvert un « monde pris dans une tourmente chimique ». Nous vivons entourés de produits chimiques qui embrouillent et contaminent notre système hormonal. « J’ai fait des cauchemars pendant des semaines, puis j’ai perdu mon insouciance, et j’ai changé ma perception du monde. »

Malgré un ton alarmant, le livre n’est pas un cri de désespoir. « Découvrir l’existence des perturbateurs endocriniens est une chance », expliquent les auteurs en préambule. « Car comment se prémunir contre quelque chose dont on ignore tout, à commencer par son existence ? » Etudes et rapports scientifiques à l’appui, pas question pour eux de sombrer dans la paranoïa.

Au fil des pages, ils décortiquent donc cette « soupe toxique », décryptent un désordre chimique global, questionnent l’inaction politique de ces dernières années. Car la catastrophe sanitaire, qui coûterait plus de 150 milliards d’euros par an à l’Europe, ne date pas d’hier.

La première étude sur l’impact des produits chimiques sur la santé des animaux remonte à 1991. Dès 2005, des chercheurs découvrent près de 300 molécules, dont plusieurs poisons, dans les corps chétifs de dix bébés états-uniens. Et pourtant, « la dangerosité de ces substances reste ignorée de manière sidérante par les pouvoirs publics », s’exclame Marine Jobert.

Epopée anti-démocratique

A qui la faute ? Les auteurs décrivent comment les lobbys de l’industrie chimique sont parvenus à minimiser les risques, semer le doute et détricoter les réglementations. « La menace est invisible car les perturbateurs endocriniens ne se voient pas, mais elle est aussi invisible dans les débats publics », observe la journaliste.

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Marine Jobert et François Veillerette

« Nous assistons à une épopée anti-démocratique », ajoute François Veillerette. Générations Futures a d’ailleurs porté plainte l’an dernier contre le ministre Stéphane Le Foll pour « mise en danger de la vie d’autriui. » En cause, son manque de réactivité (et d’activité) quant à la réduction des pesticides.

Si le chapitre sur la question des lobbys semblera à certains peu fourni, le livre se clôture sur une série de conseils « d’hygiène chimique ». Munis d’un sac poubelle et« d’une dose de bonne humeur », les lecteurs sont invités à faire le vide dans leurs placards. Fini le gel douche industriel, exit la bouilloire en plastique et gare aux coussins ! En quelques lignes, les auteurs transforment votre nid douillet en enfer toxique. Une chose est certaine, vous ne verrez plus votre maison de la même manière.

Bref, on achève la lecture du livre plutôt déprimé, un poil résigné, et surtout franchement scandalisé, mais muni des outils pour combattre ce fléau invisible.

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