Crash de l’A320: un expert évoque l' »hypothèse de la main du diable »

expert polacco

Michel Polacco, 66 ans, est journaliste. Ancien directeur de France Info, il est spécialisé dans les questions d’aéronautique et de défense. Il est lui-même pilote d’avion et d’hélicoptère.

Que vous inspirent ces longues minutes de silence à bord ?

Je m’étonne de deux choses. Du silence et de la trajectoire que suit l’avion. Si l’appareil était en vrille et descendait comme une pierre, on peut imaginer que l’équipage aurait eu autre chose à faire que de communiquer. Mais là, c’est différent. L’avion descend pendant huit à dix minutes de manière très linéaire, très régulière, même si c’est sous une pente assez forte. Et il n’y a aucun message. Pourquoi ? Il existe plein de systèmes pour communiquer dans cet avion. On sait qu’ils ont encore de l’électricité car le transpondeur a continué à envoyer des réponses aux radars du centre de contrôle d’Aix-en-Provence qui s’appelle «Marseille Contrôle».

A quoi peut correspondre cette descente ?

Elle n’est pas très marquée. Elle ne correspond pas au taux de chute d’un décrochage ou à celui d’une dépressurisation et à une descente d’urgence. Descendre ainsi, sans communiquer, c’est très anormal. Je me souviens d’un Boeing 747 japonais ou d’un DC 10 turc dont les commandes de vol étaient rompues. Ils descendaient sans que les pilotes puissent les contrôler. Mais ils pouvaient communiquer. Alors pourquoi ce silence dans l’A320 ? Cet avion n’a pas l’air d’être en situation de catastrophe, et pourtant il se précipite vers le sol comme si on l’y avait conduit volontairement. Qui aurait pu faire cela ?

Le pilote automatique était-il nécessairement désenclenché ?

Sur cet avion-là, c’est particulier. Même quand on ne branche pas le pilote automatique, il y a un stabilisateur sur les commandes de vols électriques qui fonctionne en permanence. Si on met l’avion en descente sous un certain angle, il le gardera. Par ailleurs, si on branche le pilote avec un programme de descente, il suivra évidemment ces indications avec une grande précision.

Est-ce le fruit d’une intervention humaine ?

Dans l’immédiat, j’ai du mal à imaginer une cause technique car je n’ai aucun élément. Il faut donc être prudent. Quand on va lire le rapport du Bureau enquête accident, peut-être que cela donnera des pistes qu’on ne peut imaginer.

La dépressurisation ?

Une dépressurisation brutale est la moins vraisemblable. Par contre une lente, avec un équipage asphyxié et qui s’endort, c’est une hypothèse qu’on peut conserver.

Le suicide du pilote ?

C’est une possibilité. C’est déjà arrivé avec le Boeing 767 d’EgyptAir, avec un ATR 42 de la Royal Air Maroc ou le DC8 japonais à Hong Kong il y a trente ans.

Une intrusion, la piste terroriste ?

Si ce n’est pas une dépressurisation avec un équipage en incapacité, s’ils n’ont pas perdu leurs commandes de vol et la radio en même temps, ce qui fait beaucoup, il ne reste plus que l’hypothèse de la main du diable. Des gens mal intentionnés.

La compagnie insiste sur l’hypothèse accidentelle, peut-elle déjà avoir d’autres d’éléments ?

La seule chose qu’elle peut avoir ce sont des transmissions de données de l’avion via le système Acars. Auquel cas ils ont peut-être déjà des explications que nous n’avons pas.

http://www.nicematin.com/derniere-minute/crash-de-la320-un-expert-evoque-lhypothese-de-la-main-du-diable.2151902.html

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