Les caméras cachées de l’Etat font le scoop

Les margoulins passent, l’Etat demeure. Quelle que soit la couleur politique dont il se pare ses coups bas, sa violence et l’obsession du complot fait partie de sa nature profonde. Tous les moyens lui sont bons pour pérenniser la tyrannie de sa fonction : défendre le riche, enfoncer le pauvre. Moins ce dernier est éveillé, plus ça roule pour la haute dont il est le garde-chiourme. Malheur aux manants cherchant par la culture et l’information de quoi garnir leur vie, de quoi la changer en partageant avec autrui l’idée d’un monde meilleur.

Quoi de plus dangereux en notre grande Hexagonie gangrenée par le djihad et l’antisémitisme galopant ? Une bibliothèque anarchiste, voyons ! La Discordia, par exemple. « Une bibliothèque qui entend nourrir un projet révolutionnaire par certains de ses aspects fondamentaux : la lecture, le débat, la théorie, l’écriture, le papier, la discussion […] C’est des livres, journaux, tracts, brochures, affiches et autres documents, des archives d’aujourd’hui et d’hier pour contribuer à la transmission de l’histoire des luttes individuelles comme collectives. Tout ce qui pourra favoriser le développement des idées, en rupture avec l’Etat, la politique et le capitalisme. »

Des dangereux individus cherchant à s’affranchir par la culture sont forcément des gars qu’il faut surveiller à tout prix ! En tout cas ils méritent que l’Etat fasse l’investissement de quelques moyens interlopes pour les avoir à l’œil. Voici l’histoire, telle qu’on la lit dans la presse :

« … Début juillet, deux individus de sexe masculin, se présentant comme des policiers en civil, se rendent à l’école, rue du Pré-Saint-Gervais [pile poil dans l’axe de la bibliothèque] : « Ils ont montré des papiers », se souvient une responsable administrative de l’établissement. Les policiers ne laissent pas leur nom ni celui de leur service, mais un numéro de portable « en cas d’urgence ». Ils ne disent rien de l’enquête qui les amène et installent le dispositif dans le cagibi de l’école. »

« Je pensais que c’était pour filmer des dealers », dit l’un des professeurs. En réalité, le dispositif est braqué sur l’entrée d’une bibliothèque de l’autre côté de la rue qui a ouvert le 10 mai. Composition telle que saisie et diffusée par les responsables de la bibliothèque anarchiste sur leur site  :

  • Un routeur wifi avec deux cartes SIM (Bouygues), un GPS, trois entrées cellulaires, une entrée stéréo.
  • Un processeur.
  • Un dispositif téléphonique avec une carte SIM Orange (ce qui signifie que les données n’étaient pas stockées mais transmises en direct).
  • Une caméra avec deux niveaux de zoom, commandable à distance.
  • Et d’autres types de matériels que nous ne sommes pas parvenus à identifier (mais que vous trouverez sur les photos téléchargeables ci-après).

Ce n’est pas sans mal que les responsables de La Discordia, une fois convaincus de la forfaiture, ont obtenu de la part de l’établissement scolaire le droit de saisir le matos de surveillance, certains enseignants poussant le zèle jusqu’à faire de la « résistance » !

Peine perdue. Aujourd’hui ce dispositif peut être récupéré par la brigade fluviale de Paris en « pièces détachées, à quelques mètres de profondeur, dans le canal de l’Ourcq, au niveau de la rue de Nantes. »

Source info

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