« Orwell avait raison »

1360447685_1984_Ingsoc-490x280.jpgAu détour d’une rue, un graffiti apposé sur un mur en décrépitude attire mon regard, qu’a donc voulu exprimer cet artiste urbain ? Une telle affirmation est-elle soutenue par l’actuel état de notre société ?
 
George Orwell était-il le visionnaire éclairé que beaucoup d’entre nous se plaisent à penser aujourd’hui ? Ne disait-il pas qu’en des temps de tromperie universelle, dire la vérité est un acte révolutionnaire, citation bien connue mais mesurons-nous vraiment la profondeur d’une telle déclaration ? Le monde libre aurait-il évolué au point tel que nous serions aveugle à sa lente agonie ?
 
« La guerre c’est la paix »
 
L’Irak, la Syrie, la Libye, l’Afghanistan, la Bosnie, le Kosovo et, à l’heure même où mes pensées s’égarent sur ces quelques feuilles, le Mali, verrons-nous en cette suite de pays les dernières victimes de cette affirmation orwellienne ? La guerre serait la paix car la paix viendrait de la guerre, un paradoxe certain découle de cet état de fait pourtant, et il me semble que tout individu, un tant soit peu capable d’analyse et de réflexion, s’apercevrait immédiatement de la schizophrénie délirante d’un tel paradigme.
 
Et pourtant, à chaque fois, la population répond fiévreusement à l’appel de ses gouvernants quand ils nous annoncent un nouveau conflit dans quelque pays lointain et, qui plus est, forcément arriéré par rapport à nos standards occidentaux. Douce ironie ne pensez-vous pas ? Tout ceci bien sûr afin d’apporter le monde civilisé à ces soi-disant barbares si prompts à nous détruire et nous égorger pour quelques bénéfices spirituels mystérieux aux pauvres laïques que nous sommes, à en croire « Big Brother ».
 
La double-pensée est donc bien une réalité. Aujourd’hui l’Estasie demain l’Océanie ! Nos ennemis deviennent nos alliés et nos alliés deviennent nos ennemis ! De quoi rendre fou toute personne répondant aux sons des sirènes de nos chers « Droits de l’Homme »…
 
« La liberté c’est l’esclavage »
 
Afin de transformer en masse productive une population entière prise entre-deux feux au milieu de telles contradictions, la méthode consiste à endormir sa capacité de réflexion, d’analyse et de tout autre forme de logique. Sous ces conditions le travail inutile et répétitif prend tout son sens, le calvaire des embouteillages devient le rituel obligé chaque matin afin de bien nous inculquer la soumission.
 
Devrions-nous envier ces prolétaires dont Orwell nous parle, ou devrions-nous plutôt nous lancer, à corps perdus, dans un travail sans aucun sens réel mais paradoxalement utile au parti, même si nous n’en comprenons pas toujours les tenants et les aboutissants réels…
 
Ne sommes-nous sur terre que pour ça ? Un sage a dit un jour : « le pire esclavage n’est pas celui qui se trouve derrière nous, mais celui qui se trouve devant nous… » Sombre prophétie… Quelle tristesse de s’apercevoir qu’il avait raison…
 
« L’Ignorance c’est la Force »
 
Ce qui apparait dans cette affirmation c’est que, contrairement aux deux autres sentences, les concernés diffèrent, si les autres visaient le peuple, celle-ci, bien au contraire, est uniquement bénéfique à l’élite dirigeante, seule bénéficiaire de cette force naissant de l’ignorance. Les choix qui nous sont proposés doivent êtres flous et souvent contradictoires, et cela est pensé ainsi. Nos propres pensées nous appartiennent-elles encore aujourd’hui, sommes-nous vraiment étanches à cette propagande subies jour après jour ?
 
Peut-on réellement passer devant l’horreur sans la regarder ? L’être humain en est bien incapable, j’en ai peur, notre propension au pire voyeurisme est profondément ancrée dans notre A.D.N. Le sang nous attire…
 
Voilà bien une arme puissante à qui sait la manier. Tous les jours, à chaque minute, chaque seconde, notre réponse émotionnelle est façonnée, modelée, jusqu’à ce point où une réponse purement pavlovienne devient notre seul mode d’expression envisageable. Il suffit simplement d’allumer sa télévision et, sur l’instant, notre addiction est satisfaite, tel des toxicomanes de l’émotionnel, nous accourons, écoutant avec une fervente dévotion, ce qu’Orwell baptisait les « Deux minutes de la haine ».
 
Tout ceci vous rappelle-t-il quelque chose ?
 
1984
 
Caméras de surveillance, écoute téléphonique, reconnaissance faciale, empreinte électronique, gels d’avoir, emprisonnement sans procès. La liste est encore longue et le plus effrayant est à venir, implantation de puce d’identification, digitalisation de la monnaie, et surtout encore plus de pertes de libertés. L’avenir pourrait bien ressembler à une paire de bottes écrasant un visage humain, éternellement !
 
Un monde bien sombre ou même l’esprit humain ne jouira d’aucune liberté, la plus infime soit-elle. L’individu ne sera plus qu’un simple rouage d’un système totalitaire implacable. La dissidence serait donc le seul choix raisonnable dans ce cas, mais là encore ce bon vieux George nous remet les pieds sur terre, eh oui ! Goldstein n’existe pas ! Ce n’était qu’une fausse création, une simple illusion d’optique, créé dans le seul but de nous égarer, de nous divertir, de contenir la flamme de la rébellion grandissante dans nos esprits en mal de liberté.
 
Le tableau dressé ici est bien sombre me direz-vous et je ne peux qu’acquiescer. Mais il reste une chose à dire et pas des moindres : il reste toujours un espoir et chacun, au fond de lui-même, en est conscient, cette planète est la nôtre et nous en sommes les seuls responsables. La question qui compte réellement est donc celle-ci : qu’êtes-vous prêts à faire pour changer le monde ?
 
En conclusion, il me reste à vous avouer une dernière chose : tout ceci, mes frères, n’était que de la science fiction !
 
N’est-ce pas ?
 
Par Johan Laubertin


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